Union Locale CGT du 10ème arrondissement de Paris

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RATP : 100 € pour casser la grève !

CGT RATP

mardi 6 septembre 2011,

La direction de la RATP veut franchir un nouveau pas dans la remise en cause du droit de grève des salariés de notre entreprise ! En cas de grève, la question de l’utilisation du personnel d’encadrement sur les réseaux d’exploitation ferré fait de nouveau l’actualité.

Ce n’est pas chose nouvelle pour la RATP que de solliciter les agents d’encadrement à la conduite lors des mouvements sociaux, nous dénonçons ces pratiques, mais ce qui est nouveau et d’autant plus scandaleux, c’est l’attribution d’une prime forfaitaire pour jouer « les jaunes ».

Nous dénonçons ce projet qui ne vise qu’à limiter l’impact des arrêts de travail de certains agents et mettre à mal la capacité d’intervention de ces derniers sur leurs revendications. Aujourd’hui, ce projet s’organiserait donc autour d’un « volontariat » de cadres, mais également d’agents de maîtrise s’engageant à la conduite en cas de grève… La contrepartie serait le versement d’une prime mensuelle de 100€ (soit 1200€/an quel que soit le nombre de jour de « remplacement ») et les frais de déplacement remboursés aux frais réels. Poussant un peu plus loin sa logique, la direction envisage même de modifier le contrat de travail des nouveaux embauchés dans l’encadrement pour rendre cette disposition obligatoire !

Face à cette situation, la CGT-RATP ne manque pas d’intervenir et continuera d’agir à partir de trois axes de réflexion :
- La question de la citoyenneté à l’entreprise et de l’éthique qui nous conduit à respecter le droit de grève des opérateurs ;
- La question de la sécurité ferroviaire avec l’utilisation d’agents d’encadrement à la conduite qui sont, certes, qualifiés, mais dont la pratique n’est pas le quotidien et dont l’utilisation lors d’un conflit social, donc en situation dégradée, est potentiellement risquée ;
- La question du management qui risque de poser un problème plus important qu’il n’est censé en résoudre avec un encadrement de proximité qui se retrouve en situation conflictuelle de façon durable, source de divisions profondes et graves entre catégories professionnelles et germe de nouveaux conflits…

Les réponses de notre entreprise publique nationale doivent s’appuyer sur une autre qualité du dialogue social, une modification de sa politique managériale, la qualité du service public en lien avec un haut niveau social pour les agents. Dans ce projet, il est aussi révélateur de constater que la RATP est l’entreprise qui, dans son secteur d’activité, à le taux de jour de grève le plus bas… Pourquoi alors un tel projet ? Force est de constater que la volonté de réduire l’usage du droit constitutionnel de grève à la RATP est, pour notre direction d’entreprise, plus importante que de répondre aux préoccupations sociales des agents. Il est particulièrement choquant de constater que l’argent soit absent pour les revendications salariales, sociales ou pour l’emploi, mais qu’il soit possible de financer un tel projet !

Pour l’ensemble de ces raisons, la CGT-RATP exige que la direction de l’entreprise abandonne ce qui, pour l’heure, n’est qu’un projet.

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